Quelques considérations sur la perception du « chrétien croyant non pratiquant » en perspective de son salut personnel.

1 Ce qui intéresse l’infidèle de base :

Les enquêtes de motivations et de fréquentations des chrétiens – toutes confessions confondues – montrent que ce que le « public » recherche, c’est une réponse à la question des « fins ultimes » autrement dit de la mort. Nous en faisons l’expérience lors de toutes les préparations de services funèbres ou de discussion sur l’accompagnement des mourants et la pratique de l’euthanasie volontaire (EXIT).

Le texte de la 1ere épître de Paul au Corinthiens chap 13 est souvent pris et repris lors des mariages et des enterrements1, particulièrement quand cela concerne des notables ou des « peoples » qui ont eu une trajectoire brillante – dont on ne sait pas tout – et qui ont eu des relations familiales et amicales supposées de qualité.

2 La réputation et la réussite.

Le fait de briller en société, d’avoir une réputation de « leader » et une réussite financière notable est souvent considéré comme la conséquence d’une relation avec « dieu.x » qui récompense ses « fidèles » à la manière d’une société mafieuse, où la soumission permet de partager des privilèges avec le « parrain » … C’est l’Evangile de la Rétribution particulièrement mise en évidence dans les églises évangéliques américaines et leurs succursales mondiales. Interrogé par des théologiens 68ards dans les années 1970 à Indianapolis(USA), le pasteur qui roulait Cadillac blanche, portant costume trois pièces immaculé, avec souliers vernis, expliquait que sa communauté formée de familles précaires, dans un quartier défavorisé, ne rassemblerait personne si son pasteur ne reflétait pas l’effet des bénédiction divines qu’il prêchait : Abstinence alcoolique, fidélité conjugale, respect des lois, et comportement civique… refus de la drogue et des deals illicites. Dans ces conditions – avec les économies réalisées – la vie devient plus facile, et le revenu disponible conséquent.

Tout cela doit inévitablement conduire à «la vie Éternelle» 2 quoi que… la carte de crédit «amour» doit être souscrite en plus, pour permettre la mise à jour du programme.

3 la place de « l’Amour »

La conception de ce terme varie selon les diverses formes que nous connaissons : entre la relation charnelle «Eros» , l’ « Agapé » plus pratique et fraternel, et l’amour divin, quasi ésotérique.

Les pratiques «amoureuses» comportementales et spirituelles visent essentiellement à permettre au croyant d’accéder à la « vie éternelle ». Cela semble évident à un lecteur superficiel de la lettre de Paul aux Corinthiens. Si je place l’amour dans le système, j’hériterai de la Vie Éternelle.

Quand je bénéficie de mes talents – un don de Dieu – pour accroître mes biens et ma richesse, et donc mon pouvoir, et que je proclame un amour invérifiable et à usage privé : J’aime qui je veux ! L’amour est devient un concept abstrait et individuel.

Quand on le « fait » c’est pour assouvir des besoins de procréation dynastique, dans le meilleur des cas (favorisé par le christianisme).

Il se «fait» aussi pour assouvir des pulsions organiques ou psychologiques, pour s’assurer d’un pouvoir de séduction naturel ou monnayable.

L e besoin de «faire» l’amour peut venir d’une sécrétion hormonale qui n’ajoute rien à l’humain qui peut en devenir dépendant. 3.

4 Alors, qu’est-ce que « la foi » ?.

Florilège des lieux communs, ou «propos de comptoirs».

– « Je suis croyant mais pas pratiquant » sous entendu je ne vais pas à l’église

– « Je ne suis pas croyant, mais ce serait plus facile si je l’étais ».

– « jJe suis croyant, et la preuve : je vais à l’église tous les dimanche (et plus si besoin) »

– « je suis croyant, mais ma foi est du domaine privé, sans influence sur mes interactions

sociales, économiques ou politiques : Cela ne concerne que moi ! ».

– « Tout ce qui est raconté dans la Bible est une création littéraire intéressante, mais n’a pas de

«vérité divine» prouvée, et donc ne peut être reçu comme incontestable.

Cela ne saurait être sujet de « croyance » comme par exemple l’horaire des transports en

communs dont je peux vérifier la fiabilité.

Ou en mathématique 2+2=4, 2×2=4 etc. Je n’ai pas besoin d’y croire, c’est de notoriété

universelle et du domaine du «savoir».

WIKIPEDIA donne cette réponse :

Concept

En philosophie, le mot foi permet de qualifier un sujet, auquel l’esprit adhère fermement, de façon aussi forte que celle qui constitue la certitude, mais quand la pensée résulte de la foi, elle ne peut pas être justifiée par une démonstration. Le mot peut alors, dans cette acception, être synonyme du mot croyance et opposé au concept du savoir. Cependant, la foi ne s’oppose pas au savoir ni à la raison Elle repose sur des vérités, ayant une attestation de confiance, mais dont il pourrait être vain de vouloir en établir la preuve par des raisonnements. Ainsi, la citation de Blaise Pacal, extraite de son ouvrage intitulé Pensées, publié en 1670 :

« Le cœur a son ordre ; l’esprit a le sien, qui est par principes et démonstrations, le cœur en a un autre. On ne prouve pas qu’on doit être aimé, en exposant d’ordre les causes de l’amour : cela seroit ridicule. »

Le mot foi est parfois défini sans tenir compte de son aspect affectif et unitaire. La foi augmente notre connaissance, parce qu’elle donne accès à certaines vérités par la sympathie, la confiance, la pensée aimante. En ce sens, elle se distingue de la croyance, qui est plutôt cognitive et logique, et qui n’est qu’une forme partielle de la foi. Tandis qu’on parle de foi lorsqu’il s’agit d’un amour fondé en raison, associé à la spiritualité, qui aboutit à uneconviction considérée comme «réaliste».

Dans l’actualité internationale de 2026, le slogan «MAGA» est une conviction typique d’une foi qui va impacter l’espérance4 de ses adeptes : Ils vont tout mettre en œuvre pour y parvenir.

Ici, la foi devient impérative, et s’impose par son origine mystique – divine – nécessaire et utilitaire, donc au dessus des lois et des constitutions, des us et coutumes, des traditions et des conventions nationales et internationales.

Dans les pays soumis à la «Charia», la «loi divine», issue de l’interprétation du Coran est supérieure à tous les usages développés par la «démocratie» perçue comme la «démonocratie» impérialiste et colonialiste5.

5 «La foi», paresse de ses adeptes.

«C’est ce que je crois, dans ma famille, mon milieu, on a toujours fait comme ça !» C’est assez pratique, et dans le fonds relativement confortable. Dans certains cas cela devient «la foi de toujours». Cela dispense de comparer, de soupeser, d’évaluer, de devoir choisir et de prendre une décision «hors du cadre».

Le fidèle demande à son dieu d’«augmenter sa foi»6 et la réponse est surprenante : Jésus répond avec une considération de «volume» : la dimension de la graine de moutarde… Cela n’a rien à voir avec l’accumulation de notions spirituelles, d’enseignements et de consignes, certifiées par des pratiques religieuses respectées ou pas. Cela devient inopérant logiquement quand il s’agit de déplacer des montagnes ou un sycomore, même si la tradition rapporte que cela permet d’ouvrir la mer rouge, et de charger une caisse-arche d’assez de puissance pour aider une armée à vaincre ses ennemis. OK ce n’est pas récent, mais on doit pouvoir faire confiance à Jésus de Nazareth… d’autant plus qu’il n’est pas nécessaire de tester immédiatement l’aménagement des sycomores ou l’abaissement des montagnes.

Quand le lépreux samaritain revient et que Jésus lui dit «ta foi t’a sauvé»7, il doit aussi être surpris de la réponse de Jésus, dont il était persuadé qu’il ne partageait pas «la foi».

Dans l’épisode du Samaritain bienveillant8 ceux qui ont une «foi conforme», le prêtre et le lévite, ne sont pas très bienveillants à cause de leur foi qui leur interdit le contact avec une personne «impure» (pour autant qu’elle risque de l’être!) alors que le samaritain accompli ce que réclame la situation, et prend même l’engagement d’assumer le cas, si nécessaire, à son retour.

Récemment, un ami architecte préconisait d’attribuer un contrat de plomberie à un entrepreneur «chrétien» de préférence à un autre choix plus économique, alors que la raison aurait préconisé une entreprise à la réputation professionnelle irréprochable.

Donc, en fait et à prendre en compte, l’observation des «dix paroles» est plus pertinent que la référence à «la foi» de quelque tradition que ce soit : C’est la référence commune aux Judéo-Galiléens et aux Samaritains, mais leurs fois impliquent une application différente.

6 Concernant «la foi» des vertus théologales, pour terminer ce chapitre.

Comme je l’ai relevé à différentes reprises, je ne prend pas la «foi» comme ce que je «crois», par rapport à ce que je ne «crois pas», car dans ce cas, je ne crois rien.

J’ai dans mes références l’histoire de la création, les récits mythologiques, les découvertes scientifiques, la richesse des cultures qui nous sont accessibles, les révélations de la biologie sur le développement de «la vie» dont on ne connaît toujours pas l’origine. J’ai aussi mon expérience humaine de plus de 80 ans et celles de mes contemporains. (dans la catégorie de «l’accompli»)Cela m’enlève toute crainte de l’avenir, et en particulier de l’au delà de la vie, pour autant qu’il y en ait un : cela ne m’intéresse pas. Ce qui m’importe est ce que nous vivons ici et maintenant, et dans l’espérance de l’inaccompli encore à réaliser avec bienveillance et donc discernement.

Reste le «lâcher prise» toujours en perspective et pas facile à réaliser, je l’avoue.

1Par exemple lors du service mémorial de Marquerite Yourtcenar dans son île du Maine (USA)

2Luc 10 : 25 Et voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » 26 Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » 27 L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » …

3Les pédophiles « aiment les enfants , les feminicides « aiment » leurs victimes, les violeurs s’aiment eux mêmes.

4Et leurs orientations politiques, voir leurs actions autrement qualifiées d’illégales.

5 Les «droits de l’Homme» ne sont pas ceux de la «femme»…

6Luc 17 5 Les apôtres dirent au Seigneur: Augmente-nous la foi. 6 Et le Seigneur dit: Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à ce sycomore: Déracine-toi, et plante-toi dans la mer; et il vous obéirait.…

7Luc 17:19

8dans Luc 10:25-37,